Ambrym au pays des merveilles

par Juliette Pic | 05-07-2011
Mots-clés : Ambrym
Version imprimable   envoyer l'article par mail title=  facebook  facebook



Vous aimez la mode, les belles matières et les coupes travaillées ? Vous aimez le surréalisme et la poésie de l’absurde ? Passez avec Ambrym de l’autre côté du miroir et suivez les poissons volants...

Rares sont les marques à l’identité aussi forte que celle d’Ambrym, portée par la créatrice Gabrielle Gérard. Plus que de la mode, Gabrielle fait de la poésie à coup de ciseaux et de tissages à la main. Son univers est à la fois brut et doux, sombre et joyeux. On pense aux surréalistes et à l’Oulipo, aux jeux enfantins,et à des rêves étranges dont on ne sort pas vraiment. Ambrym, c’est Jean Rochefort qui joue à la marelle avec un phoque sur un bout de récif corallien (avec masque et tuba quand même, sinon c’est pas crédible).

Voguant au gré du vent entre ici et ailleurs, Ambrym étonne et nous fait voyager ; la marque porte d’ailleurs le nom d’une petite île coincée entre Nouméa et Fidji. Ce goût du mélange des genres, entre tradition et invention, la jeune femme le tiens de son parcours personnel. Parisienne ayant grandi en Mélanésie, elle s’inspire de l’Asie et du Brésil et crée pour ceux qu’elle définit comme une "tribu urbaine", s’amusant à brouiller les pistes et à métisser le tribal et le citadin.

© DR

Mais si on aime qu’Ambrym nous emporte dans le pays imaginaire, on aime surtout le travail de la marque. Gabrielle propose bien plus qu’un bel univers personnel : un talent incroyable et une vraie conscience humaniste. L’esprit "Peter Panesque" des collections d’Ambrym se ressent avant tout dans le choix des coupes et des tissus.

La matière, de grande qualité par ailleurs, est travaillée en coupes fluides, à la fois simplissimes et étonnantes. Des touches d’aquarelle sur de simples cotonnades comme si on avait fait tomber son pinceau, une grande pièce de lin à peine retravaillée donne une robe si originale et si fluide qu’on peut s’amuser à la porter à chaque fois différemment, un short qui serait en fait un sarouel, un marcel sérigraphié (à la main) destructuré et pourtant très structuré... Le tout dans des matières nobles, souples et légères.

La démarche de la créatrice prend en compte l’environnement, au sens large. Ainsi, Gabrielle travaille-t-elle des tissus bio, recyclés ou de la récup’ de tissus de luxe (voire ses propres chutes), en petites quantités numérotés avec des ateliers CAT (qui promeuvent l’insertion par le travail) du côté d’Oberkampf. Le savoir-faire d’artisans-artistes, l’esthétique et la poésie au service de l’humain : Ambrym est tout ce qu’on fantasme pour l’industrie de la mode de demain.

C’est une bien belle marque, qu’on trouve où ?

A Paris :
Green in the City : 7, rue Malher 75004 Paris.
Filambule : 12, rue Mandar 75002 Paris.
Simonne et Lisa B. : 19, rue de Poitou 75003 Paris

Sur le Web :
www.ambrym.bigcartel.com
www.anthropologie.com

Article écrit par Juliette Pic, du magazine Shi-Zen. Vous la retrouverez bientôt sur BienBeau.fr pour d’autres infos et découvertes dans la rubrique mode éthique.
Le mag : www.shizen-lemag.fr ; le blog : www.shizen-lemag.fr/blog/

JPEG - 49.2 ko
En septembre 2010, Shi-Zen proposait à Gabrielle de nous parler de sa pièce fétiche : un gilet tissé. (Texte : Marion Lemaire.)
© Photo: Florence Jamart.

Commenter cet article

 

Suivez BienBeau.fr

  • F
  • T
  • rss

Partagez BienBeau.fr

Abonnez-vous

Chaque semaine découvrez une bien belle adresse testée pour vous et toute notre actu.

 

©BienBeau.fr 2010 | Site propulsé par Spip2Mentions légales