Avis de tempête sur les antennes relais

par Christine Taconnet | 27-10-2011
Mots-clés : Antennes relais
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Difficile d’échapper au tohu-bohu qui règne dans le monde merveilleux des antennes relais à Paris. Depuis la mi-octobre, la Mairie a entamé un bras de fer avec les opérateurs de téléphonie mobile pour les forcer à respecter les seuils d’exposition aux ondes indiqués dans une Charte. Des deux côtés, on montre ses muscles, tandis que les associations alertent leurs troupes. Et ce n’est qu’un début.

Depuis 2003, il existe dans la capitale une Charte de la téléphonie mobile unique en France. Ce document fixe un seuil maximum d’exposition aux ondes électromagnétiques de téléphonie mobile sur 24 heures et incite à la concertation avec les habitants via une commission ad hoc. Or cette charte doit être renouvelée. A cette occasion, les quatre opérateurs (Orange, Bouygues, SFR, Free) et la Fédération française des télécoms ont demandé le relèvement du seuil maximum d’exposition de 2 volts par mètre (V/M) à 10 V/M, voire 15 V/M. En face, les associations préconisent, elles, une baisse à 0,6 V/M…

© Twiga_269 / Flickr

Grosse colère de la Mairie de Paris, qui fustige des « exigences inacceptables » et « un manque de dialogue ». Et d’annoncer illico la suspension de nouvelles implantations sur ses bâtiments, tout en menaçant de démonter l’existant (186 antennes-relais sur les bâtiments municipaux, sur les 1200 que compte la capitale). Une carte est disponible sur le site de l’Agence nationale des fréquences.

Conseil d’Etat sous influence ?
Mais le Conseil d’Etat vient de lui planter une première épine dans le pied. Dans une décision concernant trois communes (dont Saint-Denis, 93), il a estimé qu’un maire n’a pas la compétence pour réglementer l’implantation des antennes relais de téléphonie mobile sur sa commune : « Seules les autorités de l’Etat désignées par la loi (ministre, ARCEP, ANFR) sont compétentes ».

Qu’attendre dès lors ? « Des mobilisations dans tous les sens ! » promet Etienne Cendrier, porte-parole des Robins des Toits (Association nationale pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil), l’un des organisateurs de la contestation avec notamment Priartem. « Cela montre que le Conseil d’Etat est sous influence et ce n’est pas tenable. »

Le projet « oublié » de NKM
D’autant que Free Mobile doit entrer dans la meute début 2012. Et il a déjà commencé à installer ses propres antennes relais. Où ? « C’est difficile de savoir exactement, admet Etienne Cendrier. Free Mobile ne fait toutefois pas partie de la Fédération française des télécommunications, il a donc besoin d’être plus souple. »

Mais ce que le militant souhaite surtout, « c’est que Nathalie Kosciusko-Morizet retrouve la mémoire. C’est elle qui avait initié en 2005 une proposition de loi qui réclamait ce que nous demandons aujourd’hui ! » (comme le montre le reportage Mauvaises ondes diffusé sur France 3 en mai dernier). Le conflit, qui prend un tour national, est loin d’être terminé. A suivre, quand tous les riverains seront de retour de vacances…

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