Ces Franciliens qui luttent contre « l’ébriété énergétique »

par Eric Lecluyse | 06-03-2012
Mots-clés : Enercoop
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C’est en région parisienne que le « fournisseur d’énergie militante » Enercoop compte le plus grand nombre de clients. Ils sont nombreux à avoir franchi le pas après la catastrophe de Fukushima. Explications.

Enercoop, qui organisait ce mardi 6 mars une conférence de presse, est un cas à part dans le paysage des fournisseurs d’électricité alternatifs : la société est la seule en France à vendre aux particuliers et aux entreprises du courant à 100 % d’origine renouvelable (ni nucléaire, ni énergies fossiles). Cette structure coopérative s’approvisionne auprès de 55 producteurs (éolien, solaire, hydraulique, biomasse) pour alimenter ses clients (en passant par EDF, comme la loi l’y oblige). Afin de soutenir ses investissements, Enercoop a lancé un fonds d’investissement dédié, « Energie partagée », ouvert à tous.

Pour les particuliers, les tarifs sont d’environ 30% supérieurs à ceux d’EDF. C’est dû aux contraintes du marché français, dénoncées par les dirigeants d’Enercoop, notamment le maintien, à des fins politiques, de prix artificiellement bas pour EDF. Cette différence devrait toutefois se réduire au fil des ans, l’électricité renouvelable devenant plus abordable et EDF ne pouvant longtemps continuer à pratiquer des tarifs déconnectés des vrais coûts de production, notamment de la filière nucléaire.

La région parisienne en tête
Malgré ce lourd handicap, Enercoop a réussi à convaincre 12 000 clients à ce jour (un millier d’entreprises et quelque 11 000 particuliers). La région qui en compte le plus est l’Ile-de-France, devant Rhône-Alpes, engagée depuis longtemps en faveur des énergies renouvelables, et la Bretagne. « Depuis Fukushima, on assiste à une accélération des inscriptions. On est passé de 200 à 500 par mois », constate Patrick Behm, DG d’Enercoop. La société se réjouit d’avoir trouvé une nouvelle clientèle au-delà du cercle des militants : désormais, ce sont aussi des citoyens qui s’engagent pour changer de modèle énergétique.

Pour aider les clients à moins consommer et afin d’ancrer la production d’énergie au niveau des territoires, Enercoop développe en outre des antennes indépendantes en régions. Elles sont quatre désormais, implantées en Rhône-Alpes, Champagne-Ardennes, Nord-Pas-de-Calais et -c’est tout chaud- Languedoc-Rousillon. Une telle structure pourrait en outre émerger en Ile-de-France.

« Au Japon, économiser l’énergie était autrefois perçu comme une contrainte pesante. Aujourd’hui, après Fukushima, c’est devenu pour les Japonais un défi collectif passionnant », note Yves Marignac, de Wise-Paris, auteur du rapport « Sûreté nucléaire en France post-Fukushima ».

L’idée, c’est donc de sortir de « l’ébriété énergétique ». « Beaucoup croient encore que l’énergie électrique est abondante, très bon marché et propre, regrette Patrick Behm. Notre travail, c’est aussi de faire baisser cette consommation électrique, un sujet complètement délaissé par EDF. » Ce noble combat ne fait que commencer dans l’Hexagone...

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