Du bio à la cantine : les carottes d’abord

par Eric Lecluyse | 24-01-2012
Mots-clés : bio
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La première légumerie bio d’Ile-de-France a commencé à livrer 40 tonnes de carottes. Elles seront au menu de cantines scolaires de Paris et de la région. Miam !

Si les produits bio sont si rares dans les cantines scolaires, c’est parce que la région manque de producteurs bio, mais aussi parce que la filière n’est pas encore adaptée aux réalités du terrain. Aujourd’hui – on peut le regretter mais c’est ainsi –, les personnes qui préparent les repas dans les écoles n’ont ni le temps, ni les moyens de laver ou éplucher les produits bruts, encore moins de cuisiner : tout doit être prêt à servir ou presque. Pas question donc de livrer des légumes sortis de terre.

La naissance d’une première légumerie bio dans la région, à la ferme de la Haye, aux Mureaux, dont l’inauguration est prévue le 9 février, est donc une excellente nouvelle. Elle est gérée par quatre producteurs réunis dans la Cuma (Coopérative d’utilisation de matériel agricole) Bio Val-de-Seine, installés sur les terres emblématiques de Flins - Les Mureaux, où faillit naître un circuit de F1 (une initiative combattue avec succès par des militants motivés, soutenus par de nombreuses personnalités).

Xavier Dupuis est le pivot de cette équipe. Cet ancien ingénieur agricole et certificateur converti à l’agriculture bio a accepté pour l’occasion de faire pousser sur 2 hectares des légumes de plein champ, soutenu par le Groupement des agriculteurs biologiques d’Ile-de-France.

© muztiko/Flickr

Cette légumerie a commencé début 2012 à fournir des carottes lavées, épluchées et éboutées au groupe Elior Restauration, qui fournit de nombreuses cantines scolaires à Paris et dans la région. En tout, 40 tonnes de carottes bio seront livrées en deux mois et demi. D’autres légumes sont également prévus, en moins grande quantité.

« Il s’agit à l’origine d’un appel à projet pour structurer la filière lancé par la Driaaf Ile-de-France, qui dépend du ministère de l’agriculture », nous explique Marie-Dominique Tatard-Suffern, de Vivrao, l’agence spécialisée dans le conseil et l’accompagnement de la restauration collective pour l’approvisionnement en produits bio qui anime cette opération.

Ravie de cette expérience, elle dénonce toutefois « un truc qui malmène la filière » : les demandes de certaines écoles pour des repas 100 % bio, sans tenir compte des réalités agricoles locales (les terres d’Ile-de-France sont accaparées par les céréaliers), ni même des saisons (« les gens ont oublié que la betterave ne pousse pas n’importe quand », note-t-elle). Il s’agit donc de progresser harmonieusement, avec les fermiers bio d’Ile-de-France. Le président PS de la région, Jean-Paul Huchon, espère par exemple atteindre 20% de bio dans la région d’ici 2020.

Il faudra donc attendre quelques années pour que les écoliers parisiens puissent enfin manger bio et local (voir à ce propos l’opération « Oui au bio dans ma cantine » du WWF). Peut-être même qu’on se remettra à cuisiner sur place, au moins un peu... On peut rêver…

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