Du chic sans fric

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Comptoirduchic.com est un nouveau site de troc de vêtements et d’objets de décoration. Sa particularité : on n’y trouve que de belles marques et on n’y échange pas d’argent. Une manière de redonner de la valeur à la qualité, explique son fondateur, Laurent Austin.

Quand Laurent Austin a vu partir son canapé flamand à 200 euros sur un site de revente entre particuliers, il s’est senti floué. Deux cents euros pour une belle pièce design payée 1500 euros deux ans plus tôt !

L’expérience le refroidit et le fait réfléchir. Certes, sur Internet, tout pousse désormais l’internaute à la chasse à l’aubaine sur des sites fourre-tout où le médiocre côtoie le rare. Mais il doit exister un moyen de distinguer et revaloriser la qualité, pense-t-il.

Sa solution : ne plus exprimer la valeur des articles en euros mais en points, dans un esprit proche des Systèmes d’échanges locaux (SEL). Il l’a mise en pratique sur son site de troc d’objets de mode et décoration Comptoirduchic.com, lancé la semaine dernière. On peut y trouver, par exemple, une combinaison Petit Bateau taille trois mois (3 points), un pied de lampe en bois Pomax (11 points), une robe Empire Les Fées de Bengale (16 points), des escarpins compensés Agnès B (20 points), une veste en velours pour homme de chez Givenchy (30 points), ou une autre, féminine cette fois, signée Vanessa Bruno (48 points).

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Comptoirduchic.com
© Christine Taconnet / BienBeau.fr

Les membres cumulent des points sur leur compte quand ils cèdent des articles. Ils peuvent les échanger ensuite pour acquérir autre chose. On ne sort pas sa carte bleue, sauf pour payer des « droits à troc », établis entre 2 et 6 euros. Un système fidélisant et communautaire – entre amateurs de bon goût vivant à proximité - lancé pour l’instant à Paris et dans les Hauts-de-Seine.

Inutile toutefois de venir chercher ici de l’éthique ou de l’écologique. C’est le soin apporté à la création et à la fabrication qui régit. Mais Laurent Austin envisage d’organiser des appels à dons pour des associations caritatives en 2013. Et peut-être, à terme, de se convertir au « made in France ».

En attendant de voir si la greffe prend et si le choix, encore restreint, s’étoffe, Laurent Austin, chef d’entreprise issu du conseil et pas forcément militant, explique comment certains ressorts de l’économie solidaire l’ont aidé à peaufiner son projet.

Pourquoi avoir opté pour le troc et pas des échanges marchands classiques ?
Aujourd’hui, il y a pléthore d’offres sur Internet. Mais quand on veut revendre des produits de qualité, on ne sait pas où le faire, car le marché de l’occasion est peu respectueux de la valeur de fabrication du produit. C’est un système très propice à l’acheteur, qui traque la bonne affaire.

D’où l’idée de créer un étalon. Oublier la valeur en euros mais établir le rapport entre un produit et un autre par un système de points. C’est un accompagnement à l’échange au sein d’une sorte de club, qui permet aux gens de se projeter dans le paiement non marchand sans se poser trop de questions. Cela exige de repartir sur des codes différents, avec moins de frénésie et de frustration.

Quelles rencontres vous ont aidé à développer votre système de points ?
Pour monter mon entreprise, j’ai bénéficié d’un an d’accompagnement par un grand cabinet. De fil en aiguille, mes interrogations sur la manière de modéliser mon système de point m’ont rapproché du chercheur Claude Perigaud. Ce centralien, président du cabinet de conseil Croissance 21, s’intéresse depuis plusieurs années aux méthodes d’activation économique respectueuses des hommes et de l’environnement et aux monnaies complémentaires. C’est grâce à lui que j’ai découvert l’économie sociale et solidaire. C’est lui qui a apporté l’idée de « paiement non marchand » à mon projet.

D’autres sources d’inspiration ?
Je me souviens très bien d’une page du dernier ouvrage de Laurent Gounelle consacrée au troc. Une vraie révélation sur le fond. Et son approche humaniste me parle. Mais pour construire mon plan d’affaires, je me suis surtout inspiré des écrits d’un ponte américain du marketing digital, Seth Godin, et notamment de son livre : « Nous sommes tous singuliers : exit le marketing de masse ! ».

A qui s’adresse votre site ?
Aux CSP + entre 30 et 50 ans. Je vise prioritairement les mères de famille exigeantes qui ont du pouvoir d’achat mais également besoin d’économies. Cela peut répondre à des étapes de la vie. Un moment où l’on a moins d’argent mais l’envie, malgré tout, de maintenir une certaine élégance.

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