Feu vert pour L’Herbe Rouge

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C’est la petite marque de mode éthique qui monte, qui monte… Et la co-dirigeante de L’Herbe Rouge, Arielle Levy, a encore plus d’un projet dans son sac. Dont une nouvelle boutique à Paris.

Elle pousse, elle pousse, L’Herbe Rouge ! Voilà déjà cinq ans que cette marque éthique propose son prêt-à-porter responsable aux amateurs d’une « autre mode ». Cinq ans ? Un beau parcours dans ce secteur très secoué. Mais les dirigeants de la jeune maison française, Arielle Levy, chargée du développement, et Thibaud Decroo, co-fondateur et directeur de collection, veulent maintenant dépasser le succès d’estime.

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L’Herbe Rouge
Collection automne-hiver 2013-2014
© DR

Inaugurations successives
Il faut dire que l’histoire de L’Herbe Rouge s’est accélérée depuis 2011. Au Grand Prix Maisons de Mode cette même année sont venus s’ajouter plusieurs coups de pouce financiers, dont une des premières enveloppe dédiées aux jeunes créateurs de mode de l’IFCIC (Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles). Ces soutiens ont permis d’ouvrir un concept-store éco-conçu à Roubaix en décembre 2012.

Quid de Paris ? L’Herbe Rouge y a déjà un show-room professionnel, rue Léon Jouhaux, près de la République. Mais le grand public ne peut trouver ses modèles, pour l’instant, que dans quelques points de vente ciblés de la capitale (au Centre Commercial, au Bazar Ethic) et alentours (chez Les Petits Ruisseaux à Bois-Colombes et Le Boudoir des Créateurs à Fontainebleau). Ce n’est que provisoire. Le rideau ne va pas tarder à se lever sur une boutique en propre, près des berges centrales de la Seine. Nous vous en reparlerons.

Construire des ponts

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L’Herbe Rouge
Collection Automne-Hiver 2013-2014
© DR

Pour l’heure, c’est donc l’adresse nordiste qui sert de vitrine. On y trouve, bien sûr, les collections homme et femme en matières biologiques mais aussi des objets, des idées. Là se tissent de nombreux liens avec le design et les arts.

Car l’Herbe Rouge n’avance pas seule. Un collectif artistique l’entoure, composé notamment de Mickael Fabris, le designer qui a imaginé le magasin-atelier écolo près du Musée de la Piscine, et de la modéliste et co-fondatrice Jocelyne Pillon.

« Nous travaillons avec des artisans locaux et des architectes qui partagent nos valeurs, dans un souci constant de ne pas surconsommer, pointe Arielle Levy. Nous réfléchissons ensemble sur le fonctionnement des objets pour les transformer. » De ces échanges sont nés par exemple de jolis cintres en tissu brevetés.

La petite entreprise a plusieurs mots d’ordre : éco-innovation, prix raisonnables (entre 25 euros et 270 euros) et qualité. « Nous portons un grand soin au lavage des tissus, souligne Arielle Levy. La rigueur dans cette étape, le tissage, la tension qu’on met dans le vêtement sont primordiaux. Mais nous veillons toujours à répondre aux attentes du consommateur, qui veut des pièces faciles d’entretien, agréables à porter et élégantes ».

Traçabilité verte

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L’Herbe Rouge
Collection Automne-Hiver 2013-2014
© DR

Sur le sujet de l’environnement, L’Herbe Rouge tente un sans-faute. Les matières ? Du lin, du coton, de la laine, de la soie, du chanvre et, depuis cette année, du coton angora, provenant tous de l’agriculture biologique. Ou des fibres issues du recyclage, avec traitements écologiques. La fabrication ? Elle suit les normes du commerce équitable. La logistique ? En partie assurée par l’association d’insertion Ateliers sans frontières.

Et voyez ces étiquettes beiges décrivant l’empreinte environnementale de chaque pièce. Les 5 critères élaborés par le cabinet spécialisé Brown & Wilmanns Environnemental pour évaluer l’impact des textiles y figurent. L’Herbe Rouge n’utilise que des matières classées A ou B, comme le Tencel. Cette fibre douce et souple, fabriquée à partir de pulpe d’eucalyptus, est artificielle. Mais, filée en circuit fermé selon un process écologique, elle gagne ses galons verts.

Comme un sculpteur

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L’Herbe Rouge
Collection Automne-Hiver 2013-2014
© DR

D’adorables chemises en Tencel couleur denim s’afficheront sur les portants l’hiver prochain. Avec renforts au niveau des poches, un parti pris systématique de l’Herbe Rouge pour que ces pièces durent. « Nous créons des vêtements différents selon la matière que nous utilisons. Nous construisons notre vestiaire comme un sculpteur. »

Le style, lui, se veut urbain, décontracté et chic. « Nos vêtements sont fonctionnels et prônent le bien-être, pointe Arielle Lévy. Cela doit être vrai en toutes circonstances. D’où l’introduction de vestes et pantalons habillés, en crêpe de laine, avec boutons végétaux. » On saluera aussi l’arrivée de motifs, dont de beaux jacquards graphiques aux tons bleutés, et d’accessoires.

« La plupart de nos vêtements peuvent être détournés pour les personnaliser, signale Arielle Levy. Un long pull peut se porter en robe boutonnée à l’arrière, une chemise et un pantalon s’assembler pour un effet combinaison, des bretelles se croiser, s’aligner, s’enlever… Nos clients ne se retrouvent plus dans la standardisation de la mode. »

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L’Herbe Rouge
Jacquard, collection automne-hiver 2013-2014
© DR

Saute-frontière
La remarque ne vaut pas que pour la France. Grande voyageuse, nourrie de cultures lointaines, Arielle Levy emmène sur ses pas la marque qu’elle a rejointe en 2010, après avoir roulé sa bosse dans le développement de PME de mode.

Déjà implanté en Europe, en Amérique du Nord et au Japon, l’Herbe Rouge va inaugurer un show-room à Dubaï cette année. Les ventes à l’étranger pèsent maintenant la moitié du chiffre d’affaires, qu’Arielle Levy espère doubler cette année, avec 250 points de vente (contre 120 aujourd’hui).

Elle sera portée par une renommée qui passe les frontières, puisque l’Herbe Rouge était en finale de la Green Fashion Competition d’Amsterdam, branche verte de la Fashion Week néerlandaise, fin 2011.

« Le consommateur est prêt pour la mode éthique si elle n’est pas trop chère et s’il dispose de lieux adéquats pour acheter », assure Arielle Levy. Pari tenu.

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