Auberge de Jeunesse Paris-Pajol

20, rue Pajol 75018 Paris

Horaires : Accueil 24h sur 24h, toute l’année.

Contact e-mail : paris.pajol@hifrance.org

Tél. : 01 53 26 97 92

Les + :

- Bon marché

- Ouvert 24h/24

- Grand jardin et terrasse

- Salle de bains dans toutes les chambres

- Cuisine collective, laverie et bagagerie

L’Auberge au bois dormant

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Écolo et exemplaire, la nouvelle auberge de jeunesse Pajol est un « bon plan » pour les visiteurs au budget serré.

C’est l’histoire d’une vieille halle métallique qui s’ennuyait, seule, au bord des voies ferrées. De bonnes fées la trouvèrent jolie. Elles décidèrent de la vêtir de bois et d’en faire l’amie de la nature. Elles prédirent qu’ainsi, les visiteurs afflueraient. Et par un beau jour de printemps...

La voici enfin ouverte, la première auberge de jeunesse écolo de Paris ! Impossible de la manquer : elle occupe les deux tiers de l’ancienne Halle Pajol, un vestige de l’ère industrielle transformé en long vaisseau de bois par l’architecte star Françoise-Hélène Jourda. Un lieu qui détonne dans ce pan de Paris longtemps défraîchi, devenu éco-quartier, à l’extrême est du 18e arrondissement.

Les amoureux de la structure Eiffel d’origine auront bien du mal à la reconnaître. Les ateliers de la SNCF se sont couverts de pin de Sibérie. Les plans inclinés du toit portent d’imposants panneaux solaires. Et les quais de débarquement d’autrefois abriteront avant la fin de l’année un jardin public de 8000 m², en partie couvert. Belles promenades en perspective !

Jusqu’au-boutiste

L’auberge de jeunesse Pajol – personne ne s’est encore approprié son vrai nom, Yves Robert - est la première à jouer à fond la carte verte à Paris. Elle serait même pionnière dans les grandes métropoles mondiales, selon Edith Arnoult-Brill, secrétaire générale de la Fédération unie des auberges de jeunesse (FUAJ) : « Cette adresse est exceptionnelle par son parti pris écologique jusqu’au-boutiste, inédit dans une ville capitale. Elle participe au renouveau d’un quartier assez déshérité. »

On voit donc des grappes de touristes déambuler désormais rue Pajol et alentours, hors des sentiers battus. Les yeux grands ouverts, la curiosité en bandoulière, ils observent ce Paris bigarré : « Ça ne ressemble pas vraiment aux cartes postales, reconnaît Adrian, un trentenaire britannique, sur place pour trois jours. L’endroit est plus cosmopolite et, surtout, pratique et pas cher ! ».

Aux fauchés et autres économes, l’auberge propose en effet 103 chambres de 2 à 6 lits, modernes, à prix modiques (29,5 euros la nuit par personne avec le petit-déjeuner, gratuit pour les moins de trois ans), avec possibilité de cuisiner sur place et de laver son linge. Tournois de baby-foot en option. Qui dit mieux ?

D’ici et d’ailleurs

Les visiteurs étrangers découvrent que ce lieu de séjour, où se mêlent toutes les nationalités dans le joyeux brassage typique des auberges de jeunesse (il faut d’ailleurs être adhérent du réseau pour y passer la nuit), est également un lieu de vie. Un centre qui comprend un restaurant et sa terrasse en bois, une bibliothèque municipale, une salle de spectacle de 180 places, des espaces de réunion… On y croise des habitants et des associatifs. De « vrais gens du coin » avec qui échanger.

C’est aussi une halte en ville facile d’accès. La gare du Nord, avec son RER direct vers l’aéroport de Roissy, est très proche, tout comme les deux stations de métro La Chapelle et Marx Dormoy. Il y a devant l’entrée une station de bus toute neuve, une borne Autolib’ et deux stations Vélib’ à 50 mètres, et l’on attend bientôt la boutique d’un réparateur de vélo en pied d’immeuble. A pied, Montmartre n’est qu’à une bonne vingtaine de minutes.

Havre green

Le bâtiment lui-même enchantera les mordus d’architecture green. Qui n’a pas entendu parler de la « première centrale solaire photovoltaïque de centre-ville en France » ?

L’auberge, en cours de labellisation « clé verte », chauffe son eau toute seule. Système d’isolation, récupération et traitement de l’eau, matériaux de décoration, mini-poubelles de recyclage des déchets, ménage réalisé avec des produits labellisés, pictogrammes pour inciter aux gestes verts : les efforts sont multiples.

Ces gages éco-responsables se doublent d’un volet social. Priorité : l’accessibilité pour tous les handicaps (plans multi-sensoriels, bandes sonores au sol, etc.). Et la FUAJ multiplie les efforts pour recruter localement. Une façon de bien s’ancrer dans le quartier.

Plus de bio ?

Dommage que le bio représente la portion congrue de la restauration. « Nous voulons progressivement augmenter cette offre, assure Thomas Seguy, directeur de l’auberge. Mais nous sommes freinés par l’obligation de maintenir des tarifs bas. A terme, nous proposerons un petit-déjeuner entièrement bio, accessible avec un supplément. » En attendant, ceux qui veulent grignoter sain peuvent fouiner dans les épiceries spécialisées du quartier ou pousser jusqu’au 104, dans le 19e, pour le marché bio du samedi matin.

De même, l’inauguration précipitée a causé quelques couacs. « Nous avons ouvert dans les plâtres », reconnaît Edith Arnoult-Brill. Au démarrage, les retards du chantier ont obligé à reloger des centaines de visiteurs. Quelques mois après l’ouverture, plusieurs services (jardin, cuisine collective…) n’étaient pas encore en place. Et pour l’avenir, on chuchote que la maintenance de cet édifice hors normes à la fréquentation très élevée pourrait réserver quelques coups de chaud aux gestionnaires. A surveiller.

Il n’empêche : les visiteurs ont vite pris leur marque dans ce nouvel établissement, qui affiche 80% de remplissage en moyenne. Avis aux retardataires : il reste encore des places pour l’été 2013. Bienbeau conseille pour l’instant les chambres côté rue, tant que les travaux durent sur l’arrière. Ensuite, c’est vers les trains qu’il faudra regarder !

(Photos : Christine Taconnet et Serge Detalle.)

C'est une bien belle adresse parce que...

- Ce long bâtiment de bois est une réussite : monumental, chaleureux, spacieux sur l’avant grâce à une esplanade ouverte, lumineux sur l’arrière, où le jardin s’étale sous un grand ciel ouvert. Cette rue longtemps délabrée renaît !
- Les chambres sont basiques mais bien conçues et claires. Toutes ont une salle de bain (et des WC privatifs pour seulement un quart d’entre elles). L’insonorisation est étonnante : on n’entend ni les trains qui passent presque sous les fenêtres, sur l’arrière, ni les bennes à ordures aux aurores, côté rue.
- Ça reste une auberge de jeunesse, avec les valeurs de tolérance laïque et de convivialité que cela suppose. Pas vraiment un hôtel de charme, plutôt un lieu de rencontres dynamique, tous âges confondus, ouvert sur un quartier populaire et métissé. A prix imbattables à Paris !

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