La Fairpride revient en fanfare

par Christine Taconnet | 11-05-2012
Mots-clés : Fair Pride
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A l’approche de la deuxième Fairpride parisienne et de la Quinzaine du commerce équitable, BienBeau a interrogé Jean Huet, coprésident de la fédération Artisans du monde.

Pari tenu pour la première l’année dernière, pari reconduit ce week-end : la Fairpride, joyeux carnaval éthique et solidaire pour promouvoir le commerce équitable, déambulera de nouveau dans les rues de Paris dimanche 13 mai. Selon Artisans du monde, qui organise, le festival avait accueilli plus de 2000 personnes en 2011.

Le cortège, composé d’une dizaine d’acteurs du commerce équitable et de l’économie sociale et solidaire, descendra de la place Gambetta à l’avenue Baudoyer, face à l’Hôtel de Ville, en compagnie des 200 artistes qui animent les fanfares, batucadas, ensembles de percussions et de capoeira.

Un temps fort dans la vie d’Artisans du monde, un réseau associatif né en 1974 et pionnier du commerce équitable en France. L’occasion de faire le point avec Jean Huet, son coprésident.

Quelles sont les ambitions de la Fairpride ?
Nous savons que le commerce équitable, en tant que concept, a une très bonne notoriété, proche de 100 %. Mais le public connaît mal les acteurs. Nous voulions donc créer un évènement qui les rassemble et soit plus visible que nos conférences, dont l’audience est limitée. Pour la première édition, en 2011, nous avions trente organisations présentes, dont les "grands", comme Max Havelaar ou Ethiquable. C’était un bon début.

Cette année, nous compterons 40 organisations, qui ont toutes une vraie envie de se retrouver. Notre point de convergence, c’est de vouloir changer les règles d’un commerce international que nous considérons comme injuste. Nous espérons entre 3000 et 5000 participants, car nous avons plus mobilisé au sein de nos réseaux. D’ailleurs, les premiers résultats sont là, puisque des associations Artisans du Monde de Saint-Brieuc, Nice, Bordeaux et Nancy organisent à leur tour des Fairpride locales. Si nous réussissons à augmenter les chiffres chaque année, cela prouvera que la mobilisation pour le commerce équitable est importante en France.

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La Fairpride en 2011
© DR

Dans le cadre de la Quinzaine du commerce équitable, jusqu’au 27 mai, vous proposez également une rencontre le matin avec les candidats aux législatives...
Oui, cette année nous sommes également dans le temps électoral et nous voulons porter un message. Il y aura donc un "brunch à conviction" dimanche matin à La Bellevilloise, avec huit candidats aux législatives en Ile-de-France, de tous les horizons politiques (UMP, PS, EELV, Parti radical ET PCF).

Les inscriptions étaient largement ouvertes, mais elles sont malheureusement closes. Nous ferons connaître le contenu des échanges. L’intérêt, pour nous, organisations, est de travailler ensemble sur un plaidoyer commun que nous porterons devant la nouvelle Assemblée. Cela nous renforce en interne.

Avez-vous l’impression que l’idée qu’une autre consommation est possible gagne du terrain ?
Elle est très présente. L’intérêt d’aujourd’hui pour le "made in France" le prouve. Les consommateurs ont besoin d’une proximité mais aussi d’être rassurés sur les conditions de travail chez les fabricants. C’est en tout cas leur vœu.

Mais la question du prix se pose. Le commerce équitable est perçu comme plus cher, moins accessible. Il y a encore beaucoup d’idées reçues. Nous avons été surpris de voir, en commentaires d’articles récents dans la presse généraliste, des réactions assez négatives, assimilant le commerce équitable à une arnaque.

Il est clair que nous devons mieux parler de nous. La fédération Artisans du monde, par exemple, est une association à but non lucratif. Nous agissons par militantisme, pour que les producteurs ne soient plus seuls. Nous avions alerté en 2005 sur le fait que la grande distribution, en s’emparant du concept de commerce équitable, risquait de créer du flou en faisant coexister des formes de commerce opposées. Elle mélange beaucoup de registres.

Artisans du Monde a connu quelques difficultés ces dernières années. Où en est votre plan de relance ?
C’est vrai, notre chiffre d’affaires a baissé depuis 2007. Mais nous avons une valeur ajouté : la proximité avec nos clients. Dans les prochains mois, nous comptons mettre en place des projets de vente en réunion, accroître l’information dans nos magasins et développer la vente en ligne.

Nous réfléchissons également à modifier notre gramme de produits, pour qu’ils donnent plus envie aux consommateurs du Nord. Nous allons lancer, par exemple, une nouvelle gamme de cosmétique équitable et bio, car il y a une forte demande. En septembre, l’intégralité de notre plan de relance sera déployé. Mais il faudra attendre la fin de l’année pour en mesurer les effets.

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