Laurent Gounelle : « Nous allons vers un nouveau système »

par Eric Lecluyse | 05-10-2012
Mots-clés : Laurent Gounelle
Version imprimable   envoyer l'article par mail title=  facebook  facebook



Il mange bio « à 95 % », n’a pas de télé, évite d’utiliser son téléphone portable trop souvent, se soigne par les plantes, se rend chaque jour dans le grand parc près de chez lui qu’il trouve « apaisant » et écrit des romans à succès qui font réfléchir... Rencontre avec Laurent Gounelle, un auteur doué pour éclairer nos vies, en toute simplicité.

Après L’homme qui voulait être heureux et Les Dieux voyagent toujours incognito, quel est le propos de ce nouveau roman, Le Philosophe qui n’était pas sage, publié aujourd’hui ?
L’homme qui voulait être heureux est centré sur la personne, sur son équilibre, sur ces peurs qui nous freinent. Dans Les Dieux voyagent toujours incognito, j’évoque la difficulté à communiquer avec les autres.

JPEG - 81.4 ko
Laurent Gounelle
© Eric Lecluyse / BienBeau.fr

Cette fois, avec Le Philosophe qui n’était pas sage, c’est encore plus large : l’histoire parle de nous en tant que société, de notre civilisation. Je grossis le trait, mais il s’agit de montrer que pour rendre malheureuse une société dite « primitive » qui vit en harmonie avec son environnement, il suffit d’inciter ses membres à faire comme nous...

Quels sont ces travers qui nous rendent malheureux ?
Il y a d’abord cette énorme illusion en Occident sur ce que peuvent nous apporter les objets, qui sont survalorisés. Moi aussi, il m’est arrivé de désirer fortement un objet, comme si cela pouvait illuminer ma vie. Et tout le monde a intérêt à ce que cette illusion perdure : l’Etat, qui perçoit la TVA, les industriels, qui veulent écouler leurs produits...

Nous sommes esclaves de ce système. Combien de temps de travail un indien d’Amazonie va-t-il consacrer pour son habitat ? Un jour. Chez nous, il faut une demi-vie pour se loger et on trouve ça normal.

Mais cela ne durera pas. Je pense que nous sommes à une période charnière, que la forte crise actuelle n’en est qu’à son début, malheureusement, et que nous allons vers un nouveau système. Mais comme je vois les choses positivement, je pense que cela va déboucher sur quelque chose de mieux.

Vous insistez aussi beaucoup sur la surabondance d’informations, qui nous mine.
Nous sommes saturés d’infos. L’actualité, comme Internet, comme la télé, est une drogue. Ce sont des stimuli externes qui génèrent en nous des émotions. C’est agréable, et plus c’est négatif, plus cela mobilise notre instinct de survie. Mais il est important de garder une distance. Je suis comme tout le monde, je lutte tous les jours. J’essaye de ne pas me laisser submerger par les e-mails par exemple.

Ce n’est pas dans le livre, mais vous soutenez par ailleurs l’idée qu’il devrait y avoir un label « Fait pour durer une vie » ou « Lifetime Product ». Pourquoi ?
L’ampli de chaine hifi que j’ai acheté quand j’étais étudiant a duré 20 ans, celui qui a suivi seulement 4 ans. On ne peut pas demander aux gens de faire des efforts et en même temps d’accepter tous ces produits à l’obsolescence programmée. L’Etat pourrait exiger davantage des fabricants, mais n’y a pas intérêt financièrement, il ne faut donc rien en attendre. Si on créée un label de ce genre, certaines entreprises voudront se distinguer et se mettront vraiment à produire des objets qui durent beaucoup plus longtemps.

Au fond, qu’est-ce qui nous rend si malheureux ?
Sans doute le vide spirituel sidéral de notre civilisation. Je ne parle pas nécessairement des religions, mais du fait que nous nous considérons comme de la matière qui se dégrade et qui devient poussière. Vue comme cela, notre vie est forcément une tragédie. On se console en courant après les plaisirs vains et en essayant de lutter contre cette décrépitude avec des liftings et des séances de sport.

Or, on peut accepter que des choses nous dépassent, se dire que nous faisons partie d’un tout. On parvient ainsi à mieux accueillir ce qui nous arrive. L’un des sens de la vie consiste alors à faire évoluer notre âme, et plus notre âme devient grande, moins le corps a d’importance, finalement.

Le Philosophe qui n’était pas sage (Plon / Kero, 330 pages, 20,90 €).

A voir aussi : le site Internet www.laurentgounelle.fr et la page Facebook.

Commenter cet article

 

Suivez BienBeau.fr

  • F
  • T
  • rss

Partagez BienBeau.fr

Abonnez-vous

Chaque semaine découvrez une bien belle adresse testée pour vous et toute notre actu.

 

©BienBeau.fr 2010 | Site propulsé par Spip2Mentions légales