Vive le bio chez McDo ! par BienBeauAParis
Un discours qui parle de lien social, d’éducation alimentaire ou encore de qualité des produits, mais aussi d’accompagnement dans les "choix" et les "comportements" des consommateurs (voir le Journal du développement durable de McDonald’s France, édition 2011). C’est fort comme un poème, on y croirait, on en mangerait du McBeau.
Happy Meat
Seulement voilà... Jamais, à aucun moment n’est remis en cause le fait même de manger autant de viande. 75 hamburgers dans le monde par seconde : de la viande il en faut à la chaîne ! Déjà en 2003, 27 000 tonnes de steak hachés par an étaient nécessaires à la seule consommation française, contre 450 000 au Etats-Unis.
Elevages sauvages
Et là-bas les bœufs sont élevés collés serrés sur des milliers d’hectares, les pieds dans leur caca. Pardon, c’est peu glamour, mais parler de McDo sans parler de ça, moi, ça me semble bien hypocrite.
Et quand bien même en France, les conditions d’élevage seraient meilleures (et encore, c’est faux, ne serait-ce que pour les poulets), manger dans la première chaîne mondiale de fast food, c’est soutenir tout le système qui va avec. Voyez le super film Fast Food Nation, à dévorer (mais estomacs sensibles s’abstenir).
Bio mais...
Et quand McDo nous parle de "s’inspirer des pratiques de l’agriculture biologique" pour s’en approcher, que dire ? C’est bio ou c’est pas bio, mais ça ne peut pas l’être à moitié !
L’entreprise se dit motivée pour changer l’alimentation des bœufs, qui comme les poulets, mangent essentiellement du maïs et du soja. Parce que ceux-ci, souvent importés, ont de forte chance d’être OGM ? Parce que pour les faire pousser, on déforeste à tour de bras dans le monde ? Non. Si McDo pense à faire manger du lin aux vaches, c’est dans l’optique... de limiter le méthane des pets des vaches !
Le développement du râble
Dans le même genre d’idées, l’entreprise se targue d’avoir 430 enseignes avec des urinoirs sans eau. Waouh, ça laisse pisseur... euh, penseur... enfin pensif.
Au Brésil, des éoliennes alimentent déjà un lieu de vente. McDo pense aussi aux panneaux solaires et voudrait que le gouvernement français soutienne ce genre de conversions au lieu de les pénaliser financièrement. Là, je ne peux qu’être d’accord.
Mais faire des pieds et des ailes pour réduire les emballages et l’impact environnemental de tous les à-côtés, même si ça constitue déjà un gros effort, ça n’est que l’arbre qui cache la forêt.
Peut mieux faire
Chez McDo on continue à manger tout emballé même sur place, à multiplier les enseignes sans fin et sans faim, à chercher à conquérir les enfants et à servir du bœuf à gogo sans penser à de vraies alternatives végétariennes. En somme, on nous sert des salades.
En Allemagne, par exemple, voilà plus de 10 ans qu’on sert des Mc végétariens. Certes, les galettes sont faites à base de légumes assaisonnés aux agents de saveur plus ou moins identifiés, mais, enfin, ça a le mérite d’exister.
En somme, mettre le M sur fond vert foncé au lieu du fond rouge, ça ne va pas suffire. D’ailleurs, les daltoniens ne voient pas la différence. Et même rhabiller Ronald en vert n’y fera rien !
Des grèves régulières en disent long aussi sur l’embauche exemplaire des salariés. Comme ceux d’un McDo parisien à Strasbourg-Saint-Denis qui scandaient déjà ce slogan il y a dix ans, on a envie de dire : « On nous prend vraiment pour des steaks hachés ! »





