
- Arnaud Deschamps
- Directeur général de Nespresso France.
- © DR
Ce mardi 1er février, dans une salle du restaurant du Sénat, le Celaa (Club du recyclage de l’emballage léger en aluminium et en acier) présentait un premier bilan de trois expérimentations inédites. Menées en 2010 dans le Lot, le Var et les Alpes-Maritimes, elles tendent à prouver que le tri sélectif des petits emballages et leur recyclage sont techniquement et économiquement possibles. Tant mieux, car si deux canettes de boisson sur trois sont recyclées dans notre pays, les petits emballages finissent en général par être incinérés ou enfouis. Ce qui représente chaque année, rien que pour l’aluminium, près de 50 000 tonnes de feuilles, de barquettes, de couvercles, d’emballages fins (type Vache qui rit) et de capsules Nespresso… Nespresso, justement, a développé récemment son propre réseau de collecte et de recyclage dans l’Hexagone. Et l’entreprise s’implique fortement avec le Celaa, comme nous l’explique le directeur général de Nespresso France, Arnaud Deschamps.
Aujourd’hui, que peut faire le consommateur français de Nespresso pour que ses capsules usagées soient recyclées ?
Les personnes concernées par les trois expérimentations menées à ce jour (à Muy dans le Var, à Cannes-La-Bocca dans les Alpes-Maritimes et dans le Lot) peuvent jeter les capsules dans la poubelle de tri sélectif.
Partout ailleurs, la seule solution est de déposer les capsules dans nos points de collecte, sinon elles finissent enfouies ou incinérées avec les déchets ménagers. Pas la peine de les mettre au tri sélectif : dans les centres de tri français, les objets de moins de 7 cm ne sont pas recyclés.
Nous avons donc mis en place 2500 points de collecte, dans nos boutiques mais aussi dans des déchetteries et dans la plupart des Mondial Relay où l’on se fait livrer nos capsules. Et nos coursiers peuvent rapporter les capsules usagées. On a calculé que 85% de nos clients disposent désormais d’un point de collecte près de chez eux. Cela nous permet déjà de récupérer près de 15% des capsules. En Suisse, où nous avons développé notre propre réseau dès la fin des années 1980, nous en sommes aujourd’hui à 1800 points de collecte et 60% de capsules collectées.
Que peut-on dire des deux prochaines expérimentations ?
Il y aura deux sites pilotes en Ile-de-France, nous sommes actuellement en discussion avec les collectivités. Il y aura des consignes données aux concitoyens de ces zones pour leur dire qu’ils peuvent désormais jeter nos capsules et d’autres petits déchets dans la poubelle jaune.

- Une balle d’aluminium recyclé
- Le député du Var Philippe Vitel et le sénateur du Lot Gérard Miquel, coprésidents du Celaa, présentent une balle d’aluminium recyclé.
- © DR
Et ensuite ?
Nous espérons bien que le système pourra être étendu… Aujourd’hui, Nespresso ne cotise pas au point vert, le système en place pour participer au recyclage des déchets, car l’aluminium de nos capsules n’est pas considéré comme un emballage et que seuls les fabricants d’emballages cotisent. On souhaite cotiser, mais aussi s’impliquer, pas question pour nous de faire du « greenwashing ». Le recyclage est un investissement très important pour nous.
Du coup, en plus de notre réseau de collecte dédié, nous participons activement aux expérimentations du Celaa. Il serait évidemment plus simple pour tous les consommateurs de pouvoir jeter leurs petits emballages, dont nos capsules, dans leur poubelle de tri sélectif. Quitte à mettre de l’argent, autant que cela profite à toute la filière alu et acier en France.
Nespresso France a investi près de 150 000 euros en installations techniques pour chacun des sites du Var et des Alpes-Maritimes [le troisième site a été financé par le groupe Bel et d’autres acteurs, NDLR]. Les résultats sont très encourageants : dans le Var, rien qu’avec la communication réalisée auprès de nos clients sur la possibilité de jeter leurs capsules dans la poubelle de tri sélectif, on en récupère près de la moitié.
Que devient une capsule Nespresso collectée ?
Dans notre centre de Rungis, des machines ouvrent les capsules et l’aluminium est séparé du marc de café. L’aluminium est revendu par balles [entre 300 et 500 euros la tonne au cours actuel, NDLR] et le café sert à faire du compost, qui est également revendu comme engrais.
Le recyclage semble être plus important pour Nespresso depuis deux, trois ans…
C’est sûr, de plus en plus de médias parlent de ces thématiques, et comme nos clients, nous sommes de plus en plus sensibles à ces aspects. Nos clients se demandent si Nespresso a une action citoyenne et nous leur montrons que oui. Il s’agit de recyclage, mais aussi de sourcing : il est aussi important pour eux que nous travaillions correctement avec les producteurs de café. Nous avons une exigence très forte sur des critères environnementaux, économiques ou sociaux, ce qui est détaillé sur notre site ecolaboration.com.
La capsule Nespresso individuelle est régulièrement dénoncée comme une aberration écologique, que répondez-vous ?
Notre modèle n’émet pas plus de carbone que les autres méthodes pour faire du café, car nous utilisons juste ce qu’il faut de café et faisons chauffer peu d’eau. Lorsqu’on utilise du café en filtre ou qu’on fait chauffer trop d’eau dans la bouilloire, on gâche… Sur les 82g de CO2 d’une tasse de café Nespresso, l’emballage en alu ne représente que 14g. Et nous nous engageons à réduire ces 82 g de 20% d’ici 2013 ; le recyclage devrait d’ailleurs nous permettre d’économiser une dizaine de grammes de CO2. Nous avons aussi des machines Citiz avec un mode veille qui permettent d’économiser jusqu’à 15g de CO2 par tasse.
Plus d’infos sur le recyclage des capsules Nespresso sur www.ecolaboration.com





