Nichée entre Pigalle et Montmartre, Paperdolls est une petite boutique multimarque très singulière. La maîtresse des lieux, Candy Miller, une Anglaise issue du marketing et récemment installée à Paris, a posé ses valises rue Houdon il y a un an. Elle avait une idée en tête : donner à sa boutique une personnalité fantaisiste, dans l’esprit d’Alice au pays des merveilles. D’où cet appartement doux et chaleureux, recréé avec l’aide d’une architecte.
Chaque espace, cuisine, chambre ou salle de bain, a son style. Le mobilier a été chiné en Ile-de-France, aux Puces ou sur Internet et mis en scène par une décoratrice de cinéma. Récupération, mais aussi détournement : la jolie cuisinière sert de caisse, les fourchettes deviennent supports et la baignoire-sabot fait un parfait sofa pour attendre pendant les essayages. Ou admirer les miroirs, les lampes de chevet et les soucoupes au plafond.
Candy n’a pas seulement soigné la décoration. Elle a également sélectionné avec soin les vêtements et accessoires qu’elle présente. Des pièces complémentaires (permettant une gamme de prix large, de 35 euros le tee-shirt à 500 euros le manteau), qui ont toutes « un esprit très féminin, inspiré, avec quelque chose de rétro et un vrai univers », explique Candy. Chaque styliste a son petit cadre explicatif : de qui s’agit-il, quelle est la démarche, comment les créations se distinguent.
Candy accueille une vingtaine de marques en tout, choisie avec une vision très claire de la mode. Ici, pas de surenchère « fashion » ni de made in China, mais des exemplaires presque uniques, un esthétisme élégant, poudré, empreint d’histoire, novateur. Paperdolls promeut ce qu’on appelle la slow fashion, qui s’oppose à la surconsommation boulimique de prêt-à-porter via une mode de création et de qualité.
Ethique ? La Britannique ne revendique pas l’étiquette, mais ses choix l’y mènent. Presque toutes les pièces sont fabriquées dans des ateliers en France, à la main et à proximité du lieu de création, facilitant l’échange et le mélange entre l’un et l’autre. Il y a là Rosa Tapioca et Pampa&Pop, deux noms connus en France dans la mode éthique. Mais aussi Albert-Alberta qui récupère des vêtements et accessoires pour en créer d’autres ou Wearetheneons, spécialiste des tee-shirts en série limitée sérigraphiés à la main avec une encre respectueuse de l’environnement... Et pour que chaque visite réserve des surprises, Candy promet des nouveautés toutes les semaines. A noter : elle participe à la semaine du vide dressing du 24 au 31 mars prochain.
(Photos : Juliette Pic. Illustration : Nicolas Hubesch.)












