Plus belle la vie de bureau

par Eric Lecluyse | 14-03-2011
Mots-clés : Eurosic
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C’est l’un des immeubles de bureaux les plus chers de Paris, et aussi l’un des plus green. Visite du 52 Hoche, dans lequel va bientôt emménager un cabinet d’avocats international.

Les collaborateurs d’Allen & Overy à Paris sont des veinards. Ce cabinet d’avocats international a décidé d’installer son siège français au 52 de l’avenue Hoche, à l’angle de la rue Beaujon, au cœur du « Triangle d’or » parisien. Surtout, ils vont emménager dans un immeuble neuf parmi les plus « verts » de Paris.

Cet édifice vient d’être livré par la société foncière Eurosic, qui détient et gère des actifs immobiliers de bureaux avec un souci affiché du développement durable. Début mars, nous avons pu visiter, sous la houlette de Marie Wiedmer, directrice générale adjointe d’Eurosic, cet immeuble certifié HQE (Haute qualité environnementale), et bientôt THPE (Très haute performance énergétique, la labellisation est en cours). « Dans le quartier central des affaires de Paris, c’est sans doute le seul immeuble en reconstruction de plus de 10 000 m² à atteindre cette performance », fait-elle remarquer.

Exit « l’immeuble atroce des années 70 » qui se dressait là, détruit en 2008. Désormais, entre le nouveau bâtiment principal de huit étages et l’hôtel particulier, « restructuré » (salles de réunion, auditorium, restaurant et cafétéria), 11 000 m² sont mis à disposition du nouveau locataire, qui prendra bientôt possession des lieux. Dans la cour, un catalpa, qui aurait été « l’arbre de Marie-Antoinette », a été conservé. « Nous avons eu la grande chance de pouvoir détruire un immeuble, ce qui est rare dans ce quartier des affaires, mais nous avons veillé à garder certaines parties ».

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Au 52 Hoche
La salle de réception avec structure métallique d’origine, de type Eiffel, dans l’hôtel particulier.
© DR

Côté style, l’immeuble, conçu par le cabinet d’architectes F.-S. Braun et associés, se distingue d’emblée par un ruban de Moebius qui part de la façade pour s’étirer à l’intérieur du bâtiment, vers la cour, à la place d’une ancienne rotonde. On aperçoit au fond l’hôtel particulier, qui abrite une splendide salle de réception avec structure métallique d’origine, de type Eiffel. Enfin, au 8e étage du bâtiment principal, la belle terrasse de 250 m² offre une vue rare sur l’Arc de Triomphe mais aussi, de l’autre côté, sur la Défense. « C’est sans doute l’un des immeubles de bureaux les plus chers de Paris », assure Marie Wiedmer, qui se refuse toutefois à en évaluer le prix.

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Au 52 Hoche.
Au 8e, une terrasse de 250 m2. A droite, on aperçoit les "boîtes à lumière" au-dessus des portes vitrées. Elles améliorent la diffusion de la lumière naturelle à l’intérieur, tout en évitant les reflets sur les écrans.
© DR

Ce qui fait sa valeur tient aussi aux aspects énergétiques et environnementaux. Ce sont d’abord les panneaux solaires semi-transparents en façade qui attirent l’attention : posés à la verticale, ils peuvent servir de stores (d’une pression sur un bouton, on fait coulisser l’un ou l’autre). L’énergie produite est revendue à EDF.

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Au 52 Hoche
Sur l’image 3D, on voit bien les panneaux solaires photovoltaïques en façade.
© DR

D’autres aménagements spécifiques améliorent le bilan environnemental du bâtiment tout en apportant du confort aux occupants : « boîtes à lumière » pour mieux diffuser la lumière naturelle, climatisation douce basée sur une technologie de poutres froides, panneaux solaires thermiques sur le toit pour les besoins en eau chaude du bâtiment, toit végétalisé (ce qui permet une meilleure rétention des eaux de pluie), soin particulier porté à l’acoustique…

Enfin, parce le bien-être se niche dans les détails, l’espace restaurant et cafétéria, en sous-sol, a été conçu par Patrick Jouin, récemment célébré au Centre Pompidou. Un univers subtilement vintage, façon Play Time, le film de Tati, où seront servis des plats élaborés par Alain Ducasse. L’histoire ne dit pas si ces plats seront bio, ce qui serait pourtant logique pour parfaire le tableau green et venant d’un chef de plus en plus porté vers une cuisine nature

Il vous plairait de travailler dans de telles conditions ? Deux options : vous faire embaucher chez Allen & Overy ou convaincre votre patron de déménager pour un cadre plus vert. Dans les deux cas, c’est, il est vrai, plus facile à dire qu’à faire. A Paris et dans sa banlieue, travailler « au vert » reste un luxe durable...

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